Zona : un impact sous-estimé sur la qualité de vie et la dépendance


Lors du 10ème Congrès International Francophone de Gérontologie et Gériatrie qui s’est tenu en Belgique le mois dernier, les spécialistes se sont penchés sur les conséquences méconnues du zona

 

Un Français sur 3 ou sur 4 -selon les études – souffrira d’un zona au cours de sa vie. Environ 250 000 personnes sont concernées chaque année par cette maladie infectieuse. « Elle est causée par le réveil du virus de la varicelle qui reste « endormi » dans les ganglions nerveux sensitifs. Il peut se réactiver plusieurs années après la varicelle. Les principaux facteurs de risque sont l’âge et une diminution des défenses immunitaires pouvant survenir lors d’un cancer, d’une infection, d’une maladie neurologique, ou encore après une radiothérapie ou une chimiothérapie », explique le Pr Gaëtan Gavazzi, gériatre au CHU de Grenoble. Le zona se manifeste alors par des éruptions cutanées douloureuses sur le thorax, le dos, les fesses, la nuque ou le visage… Toutes les parties du corps peuvent être touchées.

 

Dr Jekyll et Mister Hyde

 

De ce virus de la varicelle, on dit qu’il est Docteur Jekyll chez l’enfant, mais Mister Hyde chez l’adulte. Autant la varicelle est bénigne chez l’enfant dans l’immense majorité des cas, autant le zona peut devenir un véritable enfer chez l’adulte : des douleurs névralgiques intenses peuvent, soit précéder, soit accompagner l’éruption, et parfois persister longtemps après la guérison. Ces douleurs prennent la forme de démangeaisons intenses et de sensations de brûlure. « Les spécialistes réalisent actuellement que le zona peut avoir un impact très important sur la qualité de vie des patients, il peut précipiter la perte d’autonomie et augmenter le risque de dépendance. Avec un coût économique non négligeable », souligne le Pr Gavazzi. D’où l’importance de bien prendre en charge cette maladie et les douleurs qu’elle provoque. L’arrivée prochaine en France d’un vaccin contre le zona pourrait améliorer la situation. « Les études ont montré que ce vaccin réduit de façon significative le poids de la maladie : il permet – dans environ 60% des cas- de diminuer l’intensité des douleurs post-zostériennes, leur apparition et permet de prévenir le zona lui-même », poursuit le Pr Gavazzi. Ce vaccin contre le zona, déjà disponible aux USA et dans plusieurs pays européens, sera recommandé en France chez les adultes âgés de 65 à 74 ans. Mais ce vaccin « vivant », contenant une souche virale atténuée du virus varicelle-zona, sera contre-indiqué chez les personnes ayant une baisse des défenses immunitaires.

 

Brigitte-Fanny COHEN

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