L’ESSOR DE LA CHIRURGIE DE LA PRESBYTIE


Le congrès de la Société Française d’Ophtalmologie s’est tenu au Palais des Congrès à Paris du 27 au 29 Avril. La chirurgie de la presbytie, de plus en plus pratiquée, en fut l’un des thèmes majeurs.
Aujourd’hui on peut corriger chirurgicalement la myopie, l’hypermétropie ou encore l’astigmatisme de façon efficace, à condition de bien sélectionner les patients. La presbytie constitue en revanche un défaut de vision beaucoup plus délicat à opérer. « La presbytie est un phénomène évolutif : entre 45 et 60 ans, on perd progressivement la faculté d’accommodation, donc la vision de près. Avec les chirurgies au laser, les plus répandues, nous pouvons attendre que la presbytie soit stabilisée pour intervenir, donc opérer vers 65 ans, ou le faire vers 50 ans à condition de prévenir le patient qu’une retouche sera sans doute nécessaire quelques années plus tard », souligne le Dr Yves Bokobza, chirurgien ophtalmologiste à Paris.

Deux types d’interventions

Pour bénéficier d’une chirurgie, plusieurs conditions doivent être réunies : une cornée parfaite, une rétine en bon état et une bonne plasticité cérébrale, autrement dit une bonne capacité du cerveau à s’adapter après l’intervention. « Avec le presbylasik, c’est-à-dire la chirurgie au laser, on modifie la forme de la cornée. Un œil voit de loin, un œil voit de près. Nous améliorons ainsi la vision de loin et de près, avec souvent une légère bascule, c’est-à-dire qu’un œil verra mieux de loin et l’autre de près. L’opération s’effectue sous anesthésie locale, les deux yeux sont opérés le même jour », poursuit le Dr Bokobza. Les implants sont indiqués après 60 ans, surtout s’il existe un début de cataracte. Il faut remplacer le cristallin déficient par un cristallin artificiel multifocal qui a la particularité de corriger l’ensemble des défauts visuels du patient et principalement la presbytie. « L’opération s’effectue aussi sous anesthésie locale, mais nous n’opérons qu’un œil à la fois pour des raisons de sécurité. Le deuxième œil est opéré 2 à 3 semaines après ».

Un prix élevé

Attention, il ne faut pas s’attendre à retrouver la vue de ses 20 ans ! « Avec le lasik, il faut expliquer au patient qu’il s’agit souvent d’un compromis entre vision de loin et vision de près. Il pourra se passer de lunettes dans l’essentiel des actes de la vie courante. Mais dans environ 10% des cas, il devra recourir à une légère correction par lunettes, soit pour conduire la nuit, soit pour lire de petits caractères dans des mauvaises conditions d’éclairage », prévient le Dr Bokobza. Les résultats sont meilleurs avec l’implant car les deux yeux sont corrigés exactement de la même façon. Plus facile de se passer complètement de lunettes. « Néanmoins, dans environ 10% des cas, on peut voir des halos de lumière autour des lampes et des réverbères la nuit. Mais il faut avoir un début de cataracte car enlever un cristallin transparent -donc sain- pose des problèmes éthiques avant 60 ans », précise le Dr Bokobza. Ces interventions sont bien rodées, mais le risque zéro n’existe pas : le patient doit être informé des complications possibles et signer un consentement éclairé. Reste le prix, parfois dissuasif : environ 3000 euros pour les deux yeux, sans prise en charge par l’Assurance Maladie, mais certaines mutuelles interviennent en partie. La chirurgie de la cataracte est remboursée par la Sécurité sociale mais le patient devra payer un supplément : pour l’implant multifocal qui corrige la presbytie et pour les honoraires du chirurgien.

 

 

Brigitte-Fanny Cohen

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